Voici le récit en image de nos six jours au désert en compagnie de 12 courageux venus partager nos histoires africaines et réfléchir sur le thème : osez votre vie !

Arrivés à deux heures du matin après trois heures de route, le réveil est dur pour les asticots.

Tandis que se préparent les premiers chapatis...

On cherche sagement l`ombre tant le soleil chauffe déjà...

De même pour la première pause, l`occasion de s`émerveiller sur la résilience de cet acacia, dont l`ombrage approximatif est malgré tout salvateur. Lui aussi a soif d'une intarissable soif, pourtant sa ration est maigre, quelques jours de pluie par an. Et avec ça, il nous survivra...

Les paysages s`annoncent rocailleux et durs, mais la marche se fait essentiellement dans le sable. Ce qui est encore plus dur. J`ai proposé à tous d`entrer dans le silence dès cette première journée. Pour rompre avec le bruit du monde et les conversations parasites. Pour laisser la place à l'espace, à l`écoute.

Première pause déjeuner à l`ombre d`une falaise, à attendre par 42°C pendant cinq heures que le soleil passe. Réminiscences soudanaises. Expérience de la finitude.

déjà les anciens Nabatéens passaient ce temps au même endroit en jouant des parties d`échecs

ou en gravant des pictogrammes dans le grès.

Tandis que je rêve d`un peu de fraicheur écossaise en apercevant Liam Neeson en levant les yeux...

Dès le premier soir nous sommes bluffés par le courage de nos compagnons de route. Personne ne s`est plaint, c`était pourtant une dure journée. Un petit dromadaire curieux se rapproche de nous innocemment...

Mais pris de panique, s`enfuit en piétinant Christine. Bilan une côte cassée. Heureusement il y a un docteur parmi nous qui atteste qu`il n`y a pas d`hémorragie interne et que la rate est intacte. Nous lui proposons de l`évacuer, mais elle décide de rester et de voir si elle peut marcher demain. Le campement est infesté de tiques de dromadaires grosses comme des punaises. Branle bas de combat dans les sacs de couchages. Les bédouins nous rassurent : elles n`aiment pas le sang humain.

Rien de tel pour se prémunir de la chaleur qu`un cheiche bédouin

Et au réveil de prendre du thé bien noir et bien amer au lieu du rafraichissant carcadet...

Le deuxième jour se parcours entièrement dans le sable profond, ce qui fait découvrir a tous des muscles nouveaux.

Heureusement les pauses sont fréquentes et l`occasion de s`émerveiller sur le bestiaire qui nous a précédé en ces lieux il y a deux ou trois mille ans. A l'époque des hébreux, le désert devait être plus vert comme en témoigne la présence de ce lion qui n`était surement pas symbolique.

Là encore, quatre mètres sous le sable, de l`eau fraiche nous électrise et nous fait renouer avec la vie. Il faut avoir connu cette sensation pour comprendre la valeur de l`eau et la fragilité de notre espèce. Une matinée de marche dans le sable en plein canard suffit : ce devrait être un passage obligatoire...


Près de la, un seul et unique arbre, seul micro écosystème de la vallée, avec cette grosse et grasse mante religieuse totalement mimétique. Couper l`arbre c`est tuer cette mante. Là encore on comprend mieux au désert les ressorts fragiles de la biodiversité.

Ou se cache la vie dans ce paysage ?

J`ai demande a tous de marcher séparement pour faire l`expérience de la fragilité et de la dépendance. On croit fuir l`homme au désert, mais dès le premier jour on n`a de cesse de le retrouver...

Le franchissement d`obstacles et d`épreuves resserrent les rangs et révèlent de belles solidarités

de même que la grégarité forcée pendant la pause forcée.

Qu`aurions nous fait sans cet acacia ?

Matin du quatrième jour, temps de méditation après une nuit fraiche.


Mohammed, de la graine de pizzaïolo !

Tandis que Sonia se retrouve une Madiako. (Je ne suis toujours pas assez délicat ?)

Départ du cinquième jour vers le Djebel Barqa

La vieille Toyota a elle quelques ratés... Les téléphones portables de nos amis ont vidé la batterie. Heureusement ce vieux Land Cruiser n'est pas électronique, une petite bidouille et ça repart ! La voiture nous retrouvait le soir avec nos sacs.

la grotte au pied du Djebel Barqa dans laquelle nous avons dormi. Retrouvez là sur Google Earth Lat 28°45'45.33"N - Long 34°24'1.92"E

Chant du soir sur un contrefort du Barqa exposé au soleil couchant.

Quitter une grotte au lever du jour c'est réveiller les origines de notre humanité.

Vincent Quenottes, cénobite d'un jour. Qui ne rêverait pas d'avoir dormi là ?

Petit déjeuner aux premières loges du désert.

Ascension du Djebel Barqa

Saut d'allégresse de Jean Baptiste, le plus jeune participant de cette équipée : 14 ans !

Sonia et Claire en grande conversation.

Slimane, nous fait découvrir en plein nul part, un atelier de taille de meules nabatéennes.

Quelques minutes de prospection nous font retrouver l'autre moitié de la meule.

Rassemblée par Vincent Docteur. " Vous rassemblerez ce que le temps a provisoirement séparé..."

Autre relique du désert : dépouille désechée d'Uromastyx Aegypti : un lézard à queue épineuse fascine notre jeune ergothérapeute.

Exercice spirituel surprise inspiré d'Africa trek, inspiré d'une tradition éthiopienne tirée des écritures : le lavement de pieds. le plus humble n'est pas forcément celui qu'on croit.

Une table du désert. Table de la Loi, table de la Cène, autel sacrificiel. Qu'est-ce qu'une table quand on vit par terre ? Une élévation.

Et toujours cette vie qui s'accroche. La pousse dépassera-t-elle un jour la montagne ?

Acte de foi dans un repli de pierre : Oui l'eau viendra !

Oui, le vivant l'emporte sur le minéral ! Arbre vision qui nous tend les bras !
Qui ressemble à s'y méprendre à celui qui nous sauva la vie dans la vallée de la mort au sud du lac Turkana " à la cinquième heure sur votre droite il y aura une colline et au sommet de la colline un arbre avec à son sommet un arbre aux bras ouverts comme une croix; au pied de cette colline se trouve la source de Kachila, si vous ne la trouvez pas, vous devrez rebrousser chemin..."

Sonia raconte l'histoire à la faveur d'une pause ombragée.

L'intendance suit avec le déjeuner.

captivante Sonia.

Une côte cassée n'empêche pas l'empathie.

Cherchez l'ombrage. Là-bas, tout là bas, sous l'acacia. C'est là qu'ils dorment tous.

De notre passage ne restera que l'amitié.

Une chaine dont chaque maillon a fait la force.


Ah si seulement ces pas pouvaient se fossiliser ! Qu'en diraient de futurs paléontologues ?

Dernière confession de Sonia...

Dernier coucher de soleil sur ces six jours qui nous en auront paru trente. Non qu'ils fussent trop lents mais qu'ils furent rempli de temps plein et de plénitude.

Brochette d`amis affectés du syndrome du marcheur comblé.

Transfiguration. Oui, il parait que j'ai une côte cassée... et alors ?
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